LES VITRAUX
de l’église St Pierre Saint-Paul

S'il est vrai qu'il ne reste rien de l'église du XIIe siècle aujourd'hui, la tradition locale et les chroniques anciennes attribuent souvent la perte des vitraux d'origine, ainsi que de graves dommages à sa structure à un violent orage de grêle ou à une tempête dévastatrice.

À l'époque médiévale et sous l'Ancien Régime, la région du Parisis a été frappée à plusieurs reprises par des intempéries d'une violence inouïe. Ces orages, capables de détruire les récoltes et de briser les vitreries des églises, laissaient souvent les petites paroisses rurales sans ressources pour reconstruire à l'identique. C'est ce qui explique pourquoi, lors des remaniements et de la reconstruction de la "seconde" église au XVIe siècle, les rares fragments médiévaux rescapés ont définitivement disparu, remplacés par des verrières plus simples ou de style Renaissance.

La seconde église (XVIe siècle) : reconstruite à la Renaissance, cette église possédait une décoration typique de son temps, on a notamment retrouvé un chapiteau sculpté représentant un enfant vendangeur. Cependant, lors de sa démolition à la fin du XIXe siècle pour cause de vétusté et d'un espace devenu trop exigu pour la population grandissante, aucun vitrail d'époque n'a pu être sauvé ou documenté.

L'église d'aujourd'hui a été rebâtie au tout début du XXe siècle, inaugurée vers 1900. C'est à partir des années 1930, que l'édifice va se parer de ses plus belles pièces, devenant le terrain d'expression d'un duo de femmes artistes exceptionnelles qui ont marqué l'histoire du vitrail moderne, Valentine Reyre, peintre et dessinatrice et Marguerite Huré, maître-verrier.

Marguerite Huré est une figure majeure de l'art sacré, elle est connue pour avoir introduit l'abstraction géométrique dans les églises et pour sa collaboration étroite avec l'architecte Auguste Perret.

Voici les éléments phares que l'on peut admirer aujourd'hui dans l'église de Sannois :

La Rosace de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, située au-dessus du portail principal, cette magnifique rosace est dédiée à sainte Thérèse de Lisieux, canonisée en 1925, ce qui explique la ferveur autour d'elle à cette époque.
Le centre représente un médaillon de la sainte en habit de carmélite tenant un crucifix et des roses, avec sa célèbre phrase « Dans le cœur de l'Église, ma mère, je serai l'amour. »

Les pétales de la rosace, c'est ici que l'histoire locale s'invite dans le sacré. L'un des détails les plus célèbres de ce vitrail, offert par la famille Couderc en mémoire de leur fils représente la ville de Sannois elle-même. On y distingue parfaitement la colline du Mont Trouillet, le célèbre clocher de l'église et le moulin à vent emblématique de la commune.

Le vitrail de la chapelle baptistère 1937, conçu également par Valentine Reyre, ce vitrail représente un Ange, qui symbolise le rôle du parrain lors du sacrement du baptême. Les teintes et le traitement de la lumière y sont particulièrement délicats.

La verrière de Saint Albert, installée sur le bas-côté gauche de l'église, cette œuvre est signée par le même duo d'artistes (Reyre et Huré) et témoigne de cette volonté de l'entre-deux-guerres de moderniser le vitrail religieux en y mêlant la figuration stylisée et lignes géométriques.

En raison de la qualité de son architecture du XXe siècle et de ses décors intérieurs, l'église Saint-Pierre Saint-Paul de Sannois a reçu en 2023 le label « Patrimoine d'intérêt régional » par la région Île-de-France.

Rosace