Le moulin de Sannois
La colline de Sannois a compté jusqu’à trois moulins. Le premier, le moulin du docteur Roux construit en 1625 et, démoli en 1927. Le deuxième correspond au moulin actuel, bâti en 1759 par François Roger vigneron à Franconville. Il a servi à moudre le blé jusqu’aux années 1870. Le troisième, construit en 1790, brûla à la fin du XIX° siècle.
Le moulin actuel de Sannois a été érigé en 1759 par François Roger, un vigneron de Franconville. Il est situé au sommet de la colline du Mont Trouillet, à 162 mètres d’altitude, un emplacement idéal pour capter la force éolienne et produire de la farine.
Il s’agit d’un moulin à vent de type « chandelier » ou « à pivot », une construction entièrement en bois (chêne, orme, frêne, charme), avec une poutre centrale de six mètres de haut, taillée dans un chêne âgé de 350 ans. L’ensemble pèse plus de quarante tonnes, et ses ailes, d’une envergure de 22,20 mètres, lui donnent une silhouette imposante et emblématique.
Le moulin a fonctionné jusqu’en 1866, date à laquelle l’industrialisation et l’essor du chemin de fer ont entraîné le déclin des moulins traditionnels au profit des grands moulins industriels. Les meuniers ont progressivement disparu, faute de clientèle.
À la fin du XIXe siècle, le site s’est transformé en guinguette, attirant de nombreux artistes, dont Maurice Utrillo, qui y a séjourné entre 1912 et 1914 et a immortalisé le moulin dans plusieurs de ses tableaux.
En 1938, la commune de Sannois est devenue propriétaire du moulin et a entrepris des travaux de restauration. En 1975, le moulin a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, puis restauré à nouveau en 1976, et après la tempête de 1999 qui avait endommagé ses ailes et son mécanisme.
Une restauration majeure a eu lieu en 2007, permettant de remettre en état la machinerie et de rouvrir le site au public. Aujourd’hui, le moulin de Sannois est le dernier moulin sur pivot encore en fonctionnement en Île-de-France.
Le moulin est ouvert au public le premier dimanche de chaque mois, d’avril à octobre, et lors d’événements culturels. Les visites permettent de découvrir son histoire, son mécanisme et l’ambiance des anciennes guinguettes. Un vignoble a même été planté à son pied en 2003, produisant un vin local récompensé.

